Guides · L’argent au quotidien
Ce n’est pas la politique du magasin qui fait rater la plupart des retours, c’est le calendrier.
Presque personne ne rate un retour parce que le magasin a dit non. On le rate parce que l’objet a dormi cinq semaines dans sa boîte et que, le jour où il est devenu évident qu’on ne s’en servirait pas, le délai était expiré depuis onze jours.
D’abord
Trois dates, dont une seule est imprimée.
Chaque achat porte discrètement trois dates, et c’est en les confondant qu’on perd de l’argent.
Le jour de l’achat
La seule qui soit certaine, et celle à partir de laquelle tout le reste se calcule. Elle figure sur le reçu, et c’est la première à disparaître quand le reçu pâlit.
Le jour où le délai de retour expire
Une règle propre au magasin, et pas une règle unique : elle varie selon la catégorie, selon que l’article était en solde ou non, selon qu’il a été ouvert ou non, et elle change souvent encore à l’approche des fêtes. Le délai imprimé sur le reçu correspond au cas général du magasin, pas à une promesse au sujet de votre article.
Le jour où la garantie prend fin
Une tout autre promesse, faite généralement par le fabricant plutôt que par le magasin, et généralement bien plus longue. Un objet peut avoir largement dépassé le délai de retour tout en restant bien couvert par sa garantie — et c’est justement à ce moment-là qu’on jette la boîte.
En pratique
Notez l’échéance le jour de l’achat.
Si l’on rate des retours, c’est que le meilleur moment pour penser à l’échéance est justement celui où l’on y pense le moins. L’achat vous plaît, vous ne comptez pas le rapporter, et l’échéance est dans un mois.
Faites-en donc une décision prise à la caisse plutôt qu’une affaire de mémoire : pour tout ce que vous pourriez réellement rapporter — vêtements, appareils électroniques, outils, tout achat fait pour quelqu’un d’autre —, notez sur-le-champ la date où le délai expire. Cela prend moins de temps que de lire ce paragraphe.
Tout le reste découle de cette seule date. Un rappel quelques jours avant vaut plus que n’importe quel système de classement, car la décision qu’il provoque ne coûte presque rien et reste réversible : soit vous gardez l’objet en connaissance de cause, soit vous le rapportez pendant qu’il en est encore temps.
Ce dont le magasin a besoin
Une preuve, la carte, et l’article dans l’état où il a été vendu.
La preuve d’achat. D’habitude le reçu, et de plus en plus la carte avec laquelle vous avez payé, puisque bien des magasins peuvent retrouver la vente grâce à elle. Si vous avez payé en partie avec des points, une carte-cadeau ou un crédit en magasin, cette partie vous est normalement rendue en crédit en magasin plutôt qu’en argent. Bon à savoir avant de compter sur le remboursement.
L’emballage d’origine, pour tout article dont la boîte fait partie du produit. En électronique, ce détail compte bien plus qu’il ne le devrait; d’où la bonne habitude de garder la boîte jusqu’à la fin du délai de retour, et non seulement jusqu’à ce que l’appareil soit installé.
Le même état, ce qui est une vraie contrainte pour tout article ouvert. Dans un même magasin, la règle qui vaut pour un article non ouvert n’est souvent pas celle qui vaut pour un article ouvert, et la différence prend généralement la forme de frais de remise en stock.
Et, détail plus discret, la même personne : un remboursement est normalement versé sur la carte qui a servi au paiement, et non à la personne qui se présente au comptoir. Pour un cadeau, c’est toute la raison d’être du reçu-cadeau.
Dans vos comptes
Un remboursement n’est pas un achat précédé d’un signe moins.
Il est inscrit le mois où il arrive, et non le mois où vous avez fait l’achat. Achetez un manteau en mars, rapportez-le en avril : votre mois de mars contient toujours un manteau, tandis qu’avril reçoit un crédit inexpliqué. Les deux mois donnent alors une image fausse de ce que vous dépensez réellement.
Voilà la raison la plus banale pour laquelle un budget cesse d’être crédible : deux grosses corrections à un mois d’intervalle rendent les deux mois atypiques et, après deux ou trois épisodes de ce genre, on ne se fie plus au portrait d’ensemble.
La façon honnête de procéder, c’est de laisser le remboursement réduire le coût de cet achat, au lieu de faire comme s’il s’agissait d’un revenu. Ce que vous a coûté le manteau, c’est ce que vous avez payé moins ce qui vous est revenu, et la question qui compte, c’est le coût réel du manteau, pas le bilan du mois d’avril.
Des réponses franches
Questions fréquentes
Combien de temps ai-je pour retourner un article?
Il n’y a pas de réponse générale : c’est le magasin qui fixe le délai, et celui-ci varie selon la catégorie, selon que l’article était en solde ou non et selon qu’il a été ouvert ou non. Considérez le délai imprimé sur le reçu comme le cas habituel du magasin et, pour tout achat coûteux, vérifiez les conditions propres à l’article.
Ai-je besoin du reçu original?
En général, le magasin a besoin d’une preuve d’achat, pas nécessairement de ce bout de papier précis, et bien des magasins peuvent retrouver la vente grâce à la carte avec laquelle vous avez payé. Une photo du reçu est souvent acceptée et vaut toujours mieux que rien, mais c’est la politique du magasin qui décide, pas vous.
Et si j’ai payé en partie avec une carte-cadeau ou des points?
Cette partie vous est normalement rendue en crédit en magasin plutôt qu’en argent, puisque le magasin n’a jamais reçu d’argent pour elle. En général, seule la partie payée avec votre carte vous est remboursée sur votre carte.
Un délai de retour, est-ce la même chose qu’une garantie?
Non, et ils sont souvent séparés par des mois, voire des années. Le délai de retour, c’est le magasin qui vous permet de changer d’idée. La garantie, c’est la promesse que l’objet fonctionnera, faite généralement par le fabricant, et elle peut rester en vigueur longtemps après que le magasin a cessé de reprendre l’article.
Un remboursement modifie-t-il le budget du mois où il arrive?
Il devrait modifier ce qu’a coûté l’achat, pas ce qu’a « gagné » le mois suivant. Compter un remboursement comme un revenu fait paraître coûteux le mois de l’achat et anormalement bon le mois du remboursement, et ni l’un ni l’autre n’est vrai.
Et si l’objet tombe en panne une fois le délai passé?
C’est alors une question de garantie plutôt que de délai de retour, et c’est pourquoi il vaut la peine de conserver la date d’achat, même pour les articles que vous ne rapporterez certainement jamais. La législation sur la protection du consommateur en vigueur là où vous habitez peut aussi vous accorder des droits dont la politique du magasin ne parle pas.
Le rôle d’ExpenseGauge
L’application retient la date à votre place.
Un délai de retour dépend à la fois du magasin et de la catégorie, et il change sans prévenir. C’est pourquoi ExpenseGauge n’enregistre jamais celui qui est imprimé sur le reçu comme s’il valait pour votre achat. C’est vous qui fixez la date, parce que c’est vous qui savez ce que vous avez acheté, et où.
Une fois fixée, la date vous attend. Les échéances à venir s’affichent de la plus proche à la plus lointaine, pendant qu’il est encore temps d’agir, au lieu d’être découvertes après coup. Les dates de fin de garantie se trouvent au même endroit, pour la même raison.
Et un remboursement est traité pour ce qu’il est. Un article rapporté, un prix membre ou un coupon sur un article modifient tous ce que vous avez réellement dépensé; ils modifient donc ce qu’affiche la jauge, dans le mois où l’achat a été fait.
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